Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ?

Hospitalité · Regard

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ?

Vous arrivez dans un lieu, et il se passe quelque chose. Vous ne savez pas vraiment quoi. Ce n’est pas nécessairement la décoration. Ni l’architecture. Ce n’est pas non plus cette accumulation de petites attentions parfaitement pensées pour produire leur effet. C’est autre chose. Ce lieu a une Âme. Mais y-a-t-il une recette ?

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ?


Vous arrivez dans un lieu, et il se passe quelque chose.

Vous ne savez pas vraiment quoi.

Ce n’est pas nécessairement la décoration. Ni l’architecture. Ce n’est pas non plus cette accumulation de petites attentions parfaitement pensées pour produire leur effet.

C’est autre chose.

Le lieu vous donne le sourire. Il y a comme de la poésie dans l’air. Quelque chose à regarder, à sentir, parfois à écouter. Une présence discrète.

Ce lieu semble avoir quelque chose à vous dire.

Il est animé. Vivant.

Il a une âme, et vous : vous savourez un instant de "Bonne Heure".

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ? — image 1

Mais existe-t-il une recette pour cela ?

Puisque nous parlons d’âme, il va falloir que je vous parle un peu d’alchimie.

Rassurez-vous : nul besoin de transformer du plomb en or.

Tout a commencé hier, dans ma cuisine...

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ? — image 1

J’ai mis trop de Sel


Je cuisinais et, comme cela m’arrive rarement, j’ai eu la main franchement lourde sur le sel.

Deux fois de suite.

Cela m’a fait sourire, parce que le Sel est justement l’un des grands principes de l’alchimie.

Avec le Soufre et le Mercure, il forme une triade que les alchimistes utilisaient pour penser les transformations de la matière — mais aussi, symboliquement, celles du vivant.

Le Sel, c’est ce qui fixe. Ce qui donne une forme, une consistance, une structure. Il conserve, stabilise, condense.

Et un lieu d’accueil a besoin de Sel.

Il faut des murs solides, un lit confortable, une douche qui fonctionne, une chambre propre, un parcours client bien pensé. Il faut des procédures, des équipements, de la rentabilité. Il faut bien que quelqu’un fasse les comptes et pense à changer l’ampoule du couloir.


Le problème commence lorsque tout devient Sel.

Quand le lieu est parfaitement fonctionnel, parfaitement propre, parfaitement standardisé… et parfaitement mort.

Une boîte à clés. Un règlement intérieur. Trois meubles achetés en lot. Deux reproductions génériques au mur. Un code Wi-Fi plastifié sur la table et une machine à café à capsules.

Tout fonctionne.

Mais rien ne vit.

À force de vouloir tout maîtriser, optimiser, standardiser et rentabiliser, nous pouvons finir par fabriquer des lieux tellement figés que l’âme n’a plus beaucoup d’espace pour s’exprimer. C'est un des grands problèmes contemporain de ce monde : nous sommes englués dans la Matière. A nous de remettre de l'Esprit.

Il faut donc autre chose.

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ? — image 1

Il faut du Mercure

Le Mercure, chez les alchimistes, est un principe mobile.

Il circule, relie, transforme, met les choses en mouvement.

Dans un lieu, c’est l’air qui passe.

C’est la possibilité de circuler naturellement d'un espace à l'autre. C’est une fenêtre ouverte sur le jardin. Une conversation avec celui qui vous accueille. Une bonne adresse griffonnée sur un morceau de papier. Un livre laissé à disposition. Une histoire racontée.


C’est aussi la relation entre le lieu et ce qui l’entoure.

Le village, les producteurs, le paysage, les voisins, les chemins, les saisons.

Un lieu qui respire ne cherche pas à tout retenir en lui-même. Il laisse entrer le monde et permet à ses voyageurs d’en repartir un peu différents.

Mais trop de Mercure, et tout devient courant d’air.

On communique beaucoup, on multiplie les idées, les expériences, les concepts, les objets, les messages. Le lieu veut raconter tellement de choses qu’il finit par ne plus rien raconter du tout.

Le Mercure a besoin d’être contenu.

Par le Sel, sans excès.

Et animé par un troisième principe.


Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ? — image 1

3e ingrédient : il faut du Soufre

Le Soufre, c’est le feu.

Le principe qui anime, qui donne une direction, une couleur, une intention.

C’est le désir qui habite le lieu.


Pourquoi avez-vous créé cette maison d’hôtes ?

Pourquoi ce jardin ?

Pourquoi cette grande table en bois chinée ?

Pourquoi avez-vous choisi de restaurer cette vieille bâtisse plutôt que d'en construire une autre ?

Pourquoi tenez-vous absolument à servir cette confiture-là au petit-déjeuner ?


Lorsqu’il est juste, le Soufre anime. Le Mercure se charge de véhiculer l'information.

On sent une personnalité. Des choix. Une vision. Peut-être même quelques imperfections, mais des imperfections vivantes.

Trop de Soufre, en revanche, et le propriétaire est partout.

Le concept devient démonstratif. Chaque objet doit raconter quelque chose. Chaque détail porte une intention. Le voyageur n’a plus de place pour projeter sa propre histoire.

Et s'il y a trop de Sel, l'Âme du lieu est engluée par la Matière.


Le Feu réchauffe.

Mais il peut aussi brûler.

C’est peut-être là que se trouve une partie du secret.

Un lieu vivant est un lieu où le Sel, le Mercure et le Soufre ont trouvé une forme d’harmonie.

De la Matière.

Du Mouvement.

Et du Feu.

Comment mettre de l’âme dans un lieu d’accueil ? — image 1

Pour finir, il faut laisser entrer l’Esprit


Les alchimistes avaient un joli mot pour cela : Spiritus.

Le souffle, l'Esprit.

Il existe des lieux où cette sensation nous saisit immédiatement. Certains lieux sacrés en sont remplis. Entrez dans une vieille église romane, dans un temple, sous les arbres d'une forêt ancienne ou dans la cathédrale de Chartres : parfois, avant même d’avoir compris quoi que ce soit, quelque chose s’est déjà passé.

Mais nul besoin d’habiter Chartres pour mettre de l’esprit dans une maison.

Cela peut être beaucoup plus simple.

  • Un bouquet de fleurs fraîchement coupées.
  • Une fontaine où l’eau coule réellement.
  • Une place laissée à la nature.
  • Une œuvre d’art choisie parce qu’elle nous bouleverse, plutôt que parce qu’elle est assortie au canapé.
  • Un bon plat qui mijote.
  • Du pain frais posé sur une table.
  • Des draps qui ont séché au soleil.
  • Une bougie allumée le soir.
  • Une branche ramenée d’une promenade.

Ce sont de toutes petites choses.

Et pourtant, elles changent tout.

Parce qu’elles introduisent dans le lieu quelque chose qu’aucun catalogue de décoration ne peut vraiment vendre :

une présence.


Rien ne remplace celle ou celui qui accueille

Quand je tenais une chambre d’hôtes, j’avais une collaboratrice qui mettait énormément de cœur dans son travail.

Elle nettoyait une chambre avec soin.

Pas simplement parce qu’il fallait qu’elle soit propre avant l’arrivée suivante. Elle ouvrait les fenêtres, remettait les choses à leur place, préparait l’espace avec cette attention particulière que certaines personnes savent mettre dans les gestes ordinaires.

Et cela se sentait.

Quand on entrait dans la chambre après son passage, l’air semblait frais.

On s’y sentait bien.

De la même manière, lorsqu’un voyageur devait arriver très tard le soir, j’aimais laisser une petite lumière ou une bougie allumée.

Pas pour créer une « expérience client ».

Simplement pour dire :

Nous sommes là, vous êtes bienvenus.


C’est toute la différence entre un Airbnb vide, accessible par une boîte à clés, décoré avec trois reproductions achetées chez IKEA, et une petite maison tenue avec amour.

La seconde n’est pas nécessairement plus belle.

Elle n’a pas nécessairement coûté plus cher.

Elle est simplement habitée.

Et c’est peut-être cela, finalement, mettre de l’âme dans un lieu d’accueil.

Ce n’est pas ajouter davantage.

Ce n’est pas chercher la décoration parfaite, multiplier les attentions ou scénariser artificiellement chaque instant.

C’est mettre du cœur dans ce qui existe déjà.

Un geste. Une odeur. Une lumière. Une attention. Une histoire. Une personne.


Rien, ni personne, ne peut vous remplacer.

Et tout le monde peut offrir celà aux autres.

Car c’est peut-être le sens le plus profond du mot hospitalité : ouvrir un espace où quelque chose peut réellement circuler entre celui qui accueille et celui qui arrive.



Donner et recevoir.


Ce que MAKEL vous offre : un diagnostique clair pour révéler l'Âme de votre lieu, et le laisser exprimer pleinement son potentiel. Allez dans le menu et "RDV" pour réserver un appel offert avec Kévin !



Retour au Journal